Profils
Trudy Cayen
Mineuse de fond
Program offert par la Mine Training Society (MTS). Trudy a grandi à Hay River (Territoires du Nord-Ouest) où elle a achevé son école secondaire et travaillé comme commis chez un dépanneur, et plus tard comme cuisinière. Insatisfaite de son travail à des emplois aussi peu spécialisés et mal rémunérés, elle a présenté une demande pour participer au Underground Miner Training Program (Programme de formation des mineurs de fond). Le cours avait une durée de huit semaines et conjuguait la formation en salle de classe à des travaux pratiques sur le terrain. Les candidats qui réussissent ce programme ont un emploi pratiquement garanti auprès de Procon, un entrepreneur des services miniers.
Aujourd'hui, Trudy conduit un camion de 45 tonnes qui charrie des matériaux de la surface au fond de la mine et vice-versa. Il s'agit d'un emploi lucratif qui peut rapporter jusqu'à 100 000 $ par an au mineur de fond moyen. La plupart des mineurs travaillent trois semaines suivies de trois semaines de congé. Les quarts sur le terrain sont très exigeants, les employés devant travailler de 10 à 12 heures par jour, sept jours par semaine, mais Trudy trouve que les quarts s'achèvent plus rapidement ainsi.
Le nombre de femmes dans les mines de fond est en train d'augmenter progressivement. Trois femmes sont déjà inscrites pour le prochain stage de MTS. Il semble que d'autres personnes commencent à voir l'attrait de ces emplois souterrains. Ron Burke, le superviseur de Trudy, est un grand supporter du programme et a constaté des améliorations dans la qualité des candidats au fil du temps. Il dit : « avant les mines, une éducation de 12e année ne faisait pas beaucoup de différence dans votre style de vie, alors les enfants ne se dérangeaient même pas pour achever leurs études. Aujourd'hui, une 12e année vous permet d'avoir un emploi dans les mines, et cela est important pour votre revenu et votre avenir ».
La Mine Training Society est en train de rompre les stéréotypes. Trudy Cayen est l'une de quatre femmes travaillant dans les mines souterraines du complexe BHP Billiton's Ek'ati. Trois autres femmes ont déjà présenté une demande pour être parmi les prochains stagiaires du programme des mines de fond.
Source : Mine Training Society Final Report 2007, www.minetraining.ca (consulté le 2 juillet 2008)
Aaron Campbell
Minéralurgiste

Fils d'un soudeur, Aaron Campbell a quitté l'école sur le tôt mais a repris ses études plus tard à Aurora College, où il s'est inscrit à un programme de formation préalable pour améliorer son éducation et suivre le métier de son père. À l'instar de nombreux apprentis, Aaron a trouvé le travail de soudeur trop dur et il a donc travaillé à une série d'autres emplois avant d'entendre parler du programme de minéralurgie offert conjointement par Diavik et la Mine Training Society (MTS). La promesse d'un emploi rémunéré à l'issue du programme de formation a été la principale raison pour laquelle Aaron s'est inscrit au programme. Et il a réussi. « Le véritable élément moteur c'était l'argent, dit-il, mon premier enfant était né et je savais que je pouvais obtenir un emploi rémunéré à la fin du programme ».
Le programme exigeait six mois de travail intensif. Diavik a investi plus de 300 000 $ pour que les formateurs du Northern Alberta Institute of Technology préparent un programme d'études adapté aux besoins de l'industrie minière. Les participants devaient passer trois mois de cours théorique en salle de classe à Aurora College suivi de trois mois de formation sur le tas à la mine de Diavik. Douze parmi les 16 participants ont réussi à obtenir leur diplôme. Selon le rapport annuel de 2007 de la MTS, presque trois ans après l'institution du programme, dix parmi les anciens stagiaires sont toujours employés dans la mine.
Dans le cadre du programme de planification de la relève de Diavik, Aaron a été promu à trois reprises et il est sur le point de commencer à travailler dans la tour de contrôle. La MTS fait valoir qu'Aaron, âgé d'à peine 23 ans, est en train de gagner un salaire enviable de six chiffres. Aaron est le premier à admettre que l'argent ne fait pas le bonheur, mas il compte pour beaucoup pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants. Selon la MTS, Heather, sa femme, n'a pas besoin de travailler et elle peut rester à la maison pour élever leurs trois enfants, qui sont encore en bas âge. Elle en profite pour suivre des cours en administration des affaires dans ses moments de répit et elle sera en mesure d'entamer une carrière de son côté d'ici à ce que ses enfants aient atteint l'âge d'aller à l'école.
Source: Mine Training Society 2007 Annual Report, www.minetraining.ca (consulté le 30 juin 2008)
Catherine Mitsuk
Ouvrière au concentrateur
Catherine (Cathy) Mitsuk, une Inuk de 27 ans de Hopedale, Labrador, est une employée extrêmement appréciée à la mine de Vale Inco à Voisey's Bay. L'exploitation et la transformation minière à ciel ouvert a commencé en 2005 à cet emplacement du nord du Labrador sur une péninsule de 35 kilomètres au sud-ouest de Nain. Cathy est au nombre des quelque 290 personnes employées dans l'exploitation de la mine et elle joue un rôle important dans la production de concentrés de sulfure de nickel et de cuivre dans le concentrateur de la mine.
Cathy a constaté qu'il y avait des occasions d'emploi dans le secteur minier pour la première fois en 2004 lorsqu'elle a suivi un cours de formation de cinq semaines de durée à Voisey's Bay alors que la mine était encore en construction. Son chef de stage l'a encouragée à améliorer ses possibilités d'emploi en prenant le programme de technicien des mines offert par le Collège de l'Atlantique Nord à Labrador. Cette possibilité a plu à Cathy et a décidé que cette formation de deux ans serait une bonne manière d'investir son temps. Elle a pu obtenir un soutien financier grâce à JETA (Joint Voisey's Bay Employment and Training Authority) et elle a pu perfectionner des compétences spécialisées comme opératrice de toute une série d'équipements de production ainsi que dans divers travaux d'entretien.
Lorsqu'elle décrit son métier, Cathy affirme « ce que nous faisons, c'est superviser le fonctionnement des équipements de cinq circuits différents du concentrateur. Nous sommes responsables de l'équipement et de vérifier que tout fonctionne de manière optimale. » Cathy a commencé à travailler en janvier 2007 et elle a déjà été promue à deux ou trois reprises. Elle a débuté comme ouvrière du concentrateur 5 (auxiliaire aux procédés) et, une fois qu'elle a maîtrisé les compétences requises pour deux des cinq circuits différents du concentrateur, elle est passée à ouvrière de concentrateur 3. Elle a l'intention de maîtriser un autre échelon dans le circuit et de passer au niveau suivant bientôt. Il va de soi qu'elle apprécie l'augmentation de salaire, ainsi que la capacité d'apprendre et d'enseigner de nouvelles compétences qui vont de paire avec la promotion. Elle décrit également son travail comme étant quelque chose de très « manuel, pratique et concret ».
Cathy travaille deux semaines oui et deux semaines non et elle est très reconnaissante de pouvoir vivre dans sa communauté natale avec son fils qui a six ans et elle s'est habituée à vivre dans le camp et à prendre des vols de 45 minutes de durée chaque fois qu'elle doit faire l'aller ou le retour de son lieu de travail. « Quand j'ai fini l'école secondaire, je n'ai jamais pensé que j'allais travailler dans l'industrie minière mais j'ai vraiment aimé le cours et la formation sur le tas. J'ai également eu une excellente occasion de faire un stage rémunéré de quatre mois auprès de la Iron Ore Company comme technicienne aux procédés, et de fil en aiguille j'ai fini par faire ce que je fais. Je n'avais pas la moindre idée de ce qui se faisait dans l'industrie, mais le stage auprès de IOC a vraiment élargi mes horizons ». Elle affirme que son employeur et ses collègues sont très aimables avec elle et elle dit ne pas sentir intimidée dans cet environnement. La mine de Voisey's Bay devrait avoir un cycle de vie de 14 ans au moins et Cathy se voit y travailler pendant plusieurs années encore dans ce « métier pas comme les autres ».

